Équilibrer la régulation de l’IA au Canada
Avec l’IA devenant la technologie la plus rapidement adoptée de l’histoire humaine, le Canada se trouve à un tournant décisif concernant sa régulation.
État actuel de la régulation de l’IA au Canada
Actuellement, le Canada ne dispose pas d’un cadre réglementaire complet pour l’IA, s’appuyant plutôt sur des lois spécifiques à chaque secteur et des règlements généraux. La Loi sur l’intelligence artificielle et les données, présentée en 2022, a été abandonnée lorsque le Parlement a été dissous en 2025. Cela signifie que le Canada n’a pas le cadre de régulation de l’IA à l’échelle de l’économie que d’autres juridictions ont mis en place.
Bien que l’IA soit déjà régulée de manière indirecte par un ensemble de législations, des lois comme la Loi 25 du Québec imposent des exigences aux organisations qui prennent des décisions exclusivement par traitement automatisé d’informations personnelles. D’autres lois régissent des technologies spécifiques à l’IA, comme les véhicules autonomes.
Leçons des approches internationales
La régulation de l’IA est complexe. Les décideurs doivent équilibrer la prévention des dommages, les impacts sociaux, la croissance économique et le positionnement géopolitique. L’UE a mis en place un cadre réglementaire basé sur le risque, tandis que les États-Unis adoptent une approche plus décentralisée, laissant chaque État introduire des législations ciblées.
Un cadre de régulation équilibré basé sur les risques
Pour établir une régulation efficace, le Canada doit maintenir un équilibre entre la gestion des risques émergents et l’attractivité pour la recherche et l’investissement en IA. Les retours des consultations fédérales mettent en évidence la nécessité d’un cadre réglementaire transparent et basé sur les risques, afin de promouvoir la confiance du public dans les systèmes d’IA.
Les principes d’un cadre de régulation mesuré devraient inclure : l’application des lois existantes, des mesures ciblées là où des lacunes existent, l’utilisation des régulateurs sectoriels existants, et la mise en place d’une loi de secours basée sur les risques pour répondre rapidement aux nouveaux dangers.
Conclusion
Avec le renouvellement imminent de la stratégie nationale sur l’IA, les décideurs ont l’occasion de clarifier l’approche du Canada en matière de gouvernance de l’IA. Un cadre équilibré qui priorise l’application des lois existantes et des interventions ciblées pourrait permettre au Canada de gérer les risques tout en favorisant un climat d’innovation et d’investissement dans l’IA.