Vers des standards minimaux en droit administratif pour l’utilisation de l’IA par les agences
Introduction
Une grande partie des réflexions émergentes sur la relation entre le droit administratif et l’intelligence artificielle générative repose sur l’hypothèse que les systèmes d’IA pourraient jouer un rôle majeur dans la formulation et l’explication des actions administratives. Cela s’explique aisément, car l’une des caractéristiques principales de la loi sur la procédure administrative est qu’elle oblige les décideurs à fournir des comptes rendus écrits et cohérents de leur raisonnement, une tâche souvent compliquée et chronophage.
Le rôle potentiel de l’IA
À l’heure actuelle, les modèles de langage de grande taille (LLM) sont capables de générer rapidement des textes de haute véracité, même sur des questions techniques. L’idée que des agences pourraient utiliser des machines pour générer et justifier des propositions réglementaires, autrefois considérée comme farfelue, semble désormais plausible. Par exemple, un projet proposé par une agence gouvernementale suggérait d’utiliser l’IA pour faciliter l’abrogation de la moitié de toutes les réglementations fédérales d’ici janvier 2026, en vantant des économies de « 93 % des heures de travail ».
Analyse des risques
Les agences qui agiraient de la sorte feraient probablement face à des obstacles juridiques significatifs. Les règles produites par les LLM pourraient être particulièrement vulnérables aux défis en vertu de la loi sur la procédure administrative, qui exige une certaine forme d’implication humaine dans le processus de réglementation. Les LLM, à l’heure actuelle, sont sujets à des limitations et des erreurs systémiques, telles que la « hallucination » d’informations fausses. Ils peuvent également reproduire des biais présents dans leurs données d’entraînement et peuvent avoir des difficultés à traiter des documents longs, ce qui est crucial dans le cadre de la réglementation.
Implications de l’utilisation de l’IA
L’introduction de l’IA dans le processus réglementaire pourrait nuire à la capacité des agences à respecter les exigences de la loi sur la procédure administrative concernant la prise de décision raisonnée. Les agences doivent être en mesure d’expliquer et de justifier leur choix méthodologique lorsqu’elles s’appuient sur l’IA, y compris la manière dont elles choisissent et développent leurs modèles.
Conclusion
Bien que les propositions visant à automatiser le processus réglementaire à l’aide de l’IA soient attrayantes, elles soulèvent des questions importantes concernant la responsabilité, la transparence et l’implication humaine. Les agences doivent naviguer avec prudence pour éviter de compromettre les standards administratifs établis.