Régulation de l’IA : un projet de loi américain émerge alors que le gouvernement britannique fait marche arrière
Le sénateur du Tennessee a été l’un des politiciens américains les plus engagés en matière de musique et de réformes pour la réguler ou la protéger. Son dernier projet de loi s’intitule La Loi sur la Performance Méritocratique Unifiant l’Intelligence Machine en Éliminant le Chaos Réglementaire Interstate dans l’Industrie Américaine.
Ce projet de loi vise à créer une législation fédérale régulant l’IA, en rassemblant divers aspects de la régulation, comme la protection des enfants, la vie privée et les deepfakes. Certaines parties de cette législation seront applaudies par l’industrie musicale, notamment celle qui précise que la reproduction, la copie ou le traitement non autorisés des œuvres protégées par des droits d’auteur pour former ou développer des modèles d’IA ne constituent pas un usage équitable selon la Loi sur le Droit d’Auteur.
Le projet prévoit également une transparence lorsque les titulaires de droits estiment que leur œuvre a été utilisée sans autorisation pour former un modèle d’IA, et impose des responsabilités aux plateformes qui hébergent des répliques numériques non autorisées, si ces dernières ont connaissance de l’absence d’autorisation.
En revanche, certains dans l’industrie, notamment les libéraux, pourraient être moins enthousiastes face aux suggestions d’un biais des IA contre des figures conservatrices et aux tentatives de « réveiller » l’IA au sein du gouvernement fédéral. La mention d’une fin de la Section 230, qui protège les services numériques de toute responsabilité pour le contenu publié par leurs utilisateurs, suscitera également un débat intense.
Le sénateur a décrit ce projet comme « la solution dont l’Amérique a besoin ». On attend maintenant de voir ce que le Congrès américain en fera.
Retour en arrière du gouvernement britannique
De l’autre côté de l’Atlantique, le gouvernement britannique a récemment annoncé une décision favorable à l’industrie musicale, en renonçant à ses projets de réglementation de la formation d’IA. Les ministres avaient tenu une consultation sur la manière de traiter l’IA et les droits d’auteur, envisageant plusieurs options, dont celle d’une exception pour l’extraction de texte et de données pour les entreprises d’IA. Cette option aurait permis aux entreprises de former leurs modèles sur des matériaux protégés, à moins que les titulaires de droits n’optent pour une exclusion.
Cependant, cette idée a été rejetée par les industries créatives, qui craignaient qu’elle ne compromette leurs droits. De même, les entreprises d’IA la trouvaient trop restrictive. Le gouvernement a donc décidé de mettre cette proposition de côté, reconnaissant que la majorité des réponses à la consultation étaient contre. Le rapport souligne la nécessité de prendre le temps de bien faire les choses.
Le gouvernement a insisté sur le fait que toute réforme doit garantir que les titulaires de droits soient justement rémunérés pour la valeur économique de leur travail et protégés contre l’utilisation illégale de celui-ci. Parallèlement, il est crucial que les développeurs d’IA puissent accéder à un contenu de haute qualité. Il est clair, à travers la consultation et les échanges ultérieurs, qu’il n’y a pas de consensus sur la manière d’atteindre ces objectifs.
Les organismes de l’industrie musicale se sont réjouis de cette nouvelle. Un responsable a exprimé son soutien à la décision du gouvernement de redémarrer le débat sur l’IA et les droits d’auteur, permettant ainsi une discussion plus approfondie sur des enjeux clés tels que les répliques numériques, la transparence et l’étiquetage.
Il est évident que les entreprises d’IA, qui pensaient que l’exception d’opt-out était trop restrictive, chercheront également à engager des discussions détaillées avec le gouvernement pour trouver un chemin qui satisfera les deux industries.