Réglementation robuste de l’IA : Un défi pour les entreprises technologiques
Les entreprises technologiques s’opposent régulièrement à la réglementation de l’intelligence artificielle (IA), utilisant le désaccord entre experts sur les risques de l’IA comme prétexte contre sa mise en œuvre généralisée. Les optimistes, comme un responsable de la recherche en IA, prédisent que l’IA apportera une prospérité et un progrès sans précédent. À l’inverse, des experts mettent en garde contre les menaces existentielles que l’IA pourrait poser pour l’humanité.
Une nouvelle guerre froide technologique
Les préoccupations en matière de sécurité nationale, notamment la capacité à contrer l’utilisation étrangère de l’IA, compliquent davantage les efforts de réglementation. Le développement de l’IA dans des pays comme les États-Unis et la Chine est souvent comparé à une nouvelle guerre froide, où chaque pays cherche à inventer le premier système d’Intelligence Artificielle Générale (AGI).
Bien que les dirigeants des deux pays soient conscients des risques que l’AGI pose pour l’humanité, la perspective que ce système tombe entre des mains rivales est bien plus préoccupante. Remporter la course à l’IA signifie établir des normes pour ses caractéristiques et avoir des droits de vantardise pendant des siècles.
Obstacles à la réglementation
La réglementation de l’IA est difficile, car la plupart des entreprises d’IA opèrent aux États-Unis, où chaque État édicte ses propres lois, créant des exigences réglementaires incohérentes. Cette situation a été exacerbée par l’annulation d’un décret présidentiel qui imposait des normes de sécurité pour le développement de l’IA.
Récemment, un gouverneur a signé une loi visant à combler certaines lacunes réglementaires en augmentant les protections pour les lanceurs d’alerte concernant l’IA, et exigeant des entreprises de plus de 500 millions de dollars de revenus annuels qu’elles rendent compte de la manière dont elles prennent en compte les normes de sécurité.
Les lacunes dans la réglementation de l’AGI
Bien que cette législation avance la réglementation de l’IA, elle manque de dispositions spécifiques pour la réglementation de l’AGI, qui pose le plus grand risque pour la sécurité humaine.
Les mesures essentielles, telles que les plans d’intervention d’urgence en cas de contrôle autonome de l’AGI, les évaluations de risque pré-déploiement et les auditeurs tiers pour garantir la conformité des entreprises aux réglementations, sont absentes.
Comparaison avec l’Europe
En revanche, la réglementation européenne sur l’IA, mise en vigueur en 2024, est beaucoup plus exhaustive et impose des exigences plus strictes. Contrairement à la loi californienne, qui ne s’applique qu’aux grandes entreprises, l’UE réglemente les systèmes d’IA de toutes tailles sur la base de leur classification de risque.
Les systèmes d’IA à haut risque doivent subir des évaluations de conformité par des tiers avant leur déploiement, tandis que la Californie se limite à exiger des entreprises qu’elles divulguent leurs stratégies de mitigation des risques.
Implications et risques
Le manque de réglementation adéquate de l’IA présente des dangers croissants. Les menaces à l’emploi sont déjà en augmentation, avec des prévisions indiquant que pour chaque emploi créé par l’IA, autant de postes, notamment des rôles d’entrée de gamme, seront menacés.
Les décideurs doivent établir des cadres juridiques qui limitent le pouvoir des entreprises d’IA dans le développement et le déploiement de systèmes d’IA sans une surveillance adéquate. La course à l’IA incite les entreprises à privilégier le déploiement rapide au détriment des préoccupations de sécurité légitimes.
Conclusion
La réglementation de l’IA est devenue un sujet crucial à mesure que la course vers l’AGI s’intensifie. Les entreprises multinationales, avec leur pouvoir et leurs ressources, doivent être tenues responsables, car leur influence peut rivaliser avec celle des États. Il est essentiel de combler le fossé entre la responsabilité et l’application pour maintenir la démocratie et promouvoir l’agence humaine.