Réglementation de l’IA aux États-Unis : Cadre fédéral et lois des États
Le cadre juridique régissant l’intelligence artificielle (IA) aux États-Unis ne repose pas sur une seule loi fédérale comparable à un « code de l’IA ». Il est plutôt organisé autour d’une orientation fédérale à travers des décrets exécutifs et un ensemble de lois étatiques (et parfois locales) qui créent des obligations directement applicables.
Résultat : un paysage fragmenté, où la conformité dépend fortement de l’État, du cas d’utilisation (recrutement, services essentiels, contenu génératif, etc.) et du rôle de l’opérateur (développeur, déployeur, fournisseur).
I. Le cadre américain : deux niveaux, pas de « loi sur l’IA » aux États-Unis
La réglementation de l’IA aux États-Unis est intégrée dans l’architecture institutionnelle du pays, qui est basée sur une distribution des pouvoirs entre le niveau fédéral et les États.
Dans ce contexte, le cadre américain se caractérise par :
- Une structure de gouvernance à deux niveaux combinant stratégie fédérale et législation adoptée par les États (et parfois les autorités locales).
- L’absence d’une loi fédérale unique et complète comparable à la loi européenne sur l’IA.
- Une orientation fédérale largement structurée par des décrets exécutifs, qui définissent les priorités nationales et guident les actions des agences fédérales.
- Des lois étatiques qui peuvent imposer des obligations légalement contraignantes aux entreprises, appliquées par les procureurs généraux ou les autorités locales.
Les domaines prioritaires comprennent la lutte contre la discrimination, la transparence, la protection des consommateurs et la réglementation du contenu généré.
II. Niveau fédéral : stratégie exécutive et « plan d’action IA »
Au niveau fédéral, la politique en matière d’IA est principalement mise en œuvre par :
- Des décrets exécutifs
- Des cadres stratégiques (plans d’action, priorités nationales)
- Une exécution par des agences (mise en œuvre, marchés publics, infrastructure, positionnement international)
Le plan d’action « Winning the Race: America’s AI Action Plan » a été publié en juillet 2025. Ce document ne crée pas de loi fédérale unique, mais sert de feuille de route guidant l’action de l’administration.
III. États pionniers ayant adopté des réglementations contraignantes sur l’IA
En l’absence d’une loi fédérale unique, plusieurs juridictions ont adopté des textes applicables, avec des obligations concrètes.
1. Texas – TRAIGA (Texas Responsible Artificial Intelligence Governance Act)
Objectif : Établir un cadre de gouvernance de l’IA au Texas, notamment par l’interdiction de certaines pratiques à haut risque.
2. Colorado – SB 24-205 (Protections des consommateurs dans les interactions avec les systèmes IA)
Objectif : Prévenir la discrimination algorithmique dans les systèmes d’IA à haut risque utilisés pour des décisions « consequentes ».
3. Californie – Transparence en IA générative (AB-2013 et SB-942)
La Californie a adopté deux textes majeurs axés sur la transparence dans l’IA générative.
4. New York City – Loi locale 144 (Outils décisionnels automatisés pour l’emploi)
Objectif : Réduire le risque de discrimination dans les décisions d’embauche lorsque des outils automatisés sont utilisés.
IV. Conclusion : Un cadre « fédéral et patchwork » nécessitant une approche de conformité structurée
La réglementation de l’IA aux États-Unis repose sur un équilibre entre une stratégie fédérale largement dirigée par le pouvoir exécutif et des législations étatiques et locales créant des obligations juridiques concrètes.