Les changements juridiques nécessaires pour lutter contre l’exploitation de l’IA
À mesure que l’exploitation par l’IA s’intensifie, quelles actions juridiques peuvent être entreprises et qui est responsable de sa régulation ?
Des défis juridiques sont soulevés par l’exploitation de l’IA sur les plateformes de médias sociaux, notamment l’utilisation de technologies permettant de manipuler des images, y compris la sexualisation ou la nudité de photos de femmes et d’enfants.
Le cadre juridique actuel
Concernant les outils juridiques disponibles, il existe des instruments législatifs, comme la loi sur les services numériques en Europe, qui donnent aux régulateurs le pouvoir d’agir contre les contenus nuisibles. Cependant, la question de l’application de ces lois demeure.
Les régulateurs peuvent agir en cas de mauvaise utilisation de l’IA, mais les actions ont été lentes. L’exemple d’un blocage d’une application pour des préoccupations en matière de protection des données illustre que des mesures peuvent être prises, mais les défis demeurent en raison des changements massifs apportés à certaines plateformes, rendant la confiance difficile.
Que peut-on faire ?
Il existe suffisamment de preuves pour agir immédiatement. Les régulateurs pourraient imposer des mesures provisoires, comme désactiver la capacité de certaines technologies à modifier des images. Si une plateforme ne se conforme pas, elle pourrait être temporairement suspendue. L’abus est évident, et le moment d’agir est maintenant.
Cependant, il y a une opposition de ceux qui soutiennent que cela constitue une atteinte à la liberté d’expression. Lorsqu’un enfant peut être exposé à du contenu sexualisé en quelques minutes sur une application, cela ne relève pas de la liberté d’expression, mais d’une question de sécurité.
Besoin de réforme législative
Le cadre juridique doit évoluer pour refléter les défis posés par l’IA et les médias sociaux. Il est essentiel d’établir des protections de la vie privée qui répondent aux abus de l’IA et à l’exploitation en ligne. Les législateurs doivent mettre à jour les lois.
Les outils juridiques existent tant au sein de l’Union européenne qu’aux États-Unis, mais il y a une hésitation politique. Il est observé que des actions rapides ont été prises dans d’autres domaines, comme l’interdiction de certains médias. Pourquoi ne pas faire de même pour l’exploitation de l’IA ?
Enfin, la législation actuelle qui protège les plateformes de la responsabilité concernant le contenu des utilisateurs doit être repensée. Tant que les plateformes ne seront pas considérées comme des éditeurs, elles continueront à éviter la responsabilité pour le contenu nuisible.