Promesses Multistakeholders et Écarts de Pouvoir dans les Sommets Mondiaux sur l’IA
Les sommets mondiaux sur l’IA ont de plus en plus adopté le langage de la gouvernance multistakeholder, mais la participation significative de la société civile et des acteurs académiques reste limitée. Au fil des séries de sommets sur l’IA, les gouvernements ont progressivement élargi les opportunités d’engagement avec les chercheurs, les organisations de la société civile et d’autres parties prenantes. Ces efforts ont permis d’introduire des questions telles que la démocratisation, la souveraineté, l’équité et l’inclusivité dans les discussions sur la gouvernance mondiale de l’IA. Cependant, la capacité des acteurs non étatiques et non commerciaux à façonner les agendas et les résultats est restée contrainte.
Évolution et Déclarations des Sommets
La Déclaration du Sommet sur l’Impact de l’IA de New Delhi, signée par plus de 90 pays, a poursuivi cette trajectoire en reconnaissant formellement la coopération internationale et le multistakeholderisme. Cependant, l’inclusion de ces thèmes dans les agendas et déclarations des sommets n’a pas encore traduit en influence significative sur la prise de décision.
Pour que la gouvernance mondiale de l’IA aborde les impacts réels, il est crucial que l’architecture et les processus institutionnels de ces sommets évoluent. La participation multistakeholder pour les groupes de la société civile et les acteurs académiques doit aller au-delà de la représentation pour aboutir à une implication active dans la définition des agendas et la prise de décision.
Priorités Thématiques et Évaluation de l’Architecture des Sommets
Les sommets précédents se sont concentrés sur les risques de pointe, la recherche sur la sécurité et l’avancement de l’IA au service du public. Le Sommet sur l’Impact de l’IA en Inde a déplacé le discours mondial pour donner la priorité aux perspectives et aux besoins du monde majoritaire. Bien que la Déclaration sur l’Impact de l’IA de New Delhi soit accueillie positivement pour son accent sur la souveraineté et l’accès démocratique aux ressources de l’IA, elle ne parvient pas à aborder les droits humains ou à établir des mécanismes pour suivre la mise en œuvre des engagements volontaires.
Malgré des initiatives multiples annoncées lors du Sommet, les engagements restent principalement volontaires et non contraignants. Il est essentiel que la prochaine réunion en Suisse garantisse que les besoins du monde majoritaire demeurent au cœur de l’agenda de la gouvernance mondiale de l’IA.
Défis et Risques
Les processus organisationnels des sommets manquent de cohérence, offrant aux parties prenantes de la société civile et académiques un rôle limité dans la définition des agendas et des résultats. Un cadre de gouvernance formel fait défaut, ce qui crée un vide institutionnel. De plus, l’absence de mécanismes de surveillance et d’évaluation des engagements expose ces derniers à des influences changeantes.
Les voies procédurales pour intégrer les contributions non gouvernementales et non commerciales dans les résultats concrets restent floues. Cela limite la participation significative et maintient un » paradoxe de participation » où la société civile est souvent invitée à parler mais exclue de la prise de décision.
Conclusion
À mesure que le centre de gravité de la gouvernance de l’IA se déplace vers la Suisse, il est crucial de s’assurer que l’agenda et les discours de gouvernance de l’IA reflètent les besoins et les impacts sur la population du monde majoritaire. Cela nécessite un cadre de gouvernance centré sur les droits humains, garantissant la continuité et la responsabilité, et favorisant une participation multistakeholder véritable.