Ordonnance exécutive de l’administration Trump pour unifier la réglementation de l’IA à travers les États
Depuis un an, la réglementation de l’IA ressemble à un groupe de discussion sans administrateur. Les États émettent leurs propres règles, le Congrès hésite, et les employeurs se demandent quelle information est réellement pertinente. L’administration Trump tente désormais de mettre fin à ce chaos avec une ordonnance exécutive visant à encadrer la réglementation étatique de l’IA.
Objectifs de l’ordonnance exécutive
Sur le papier, l’objectif est de simplifier la situation : établir un cadre national plutôt que d’avoir 50 réglementations différentes. En pratique, cela s’avère plus complexe. L’ordonnance pousse les agences fédérales à contester les lois des États et suggère même de lier la conformité au financement fédéral. Cette approche pourrait séduire les entreprises en quête de prévisibilité, mais elle soulève également des résistances politiques sérieuses et des questions juridiques.
Il est essentiel de noter que toutes les lois étatiques et locales sur l’IA en vigueur ou en attente restent applicables, à moins qu’un tribunal ne les bloque par injonction ou que le Congrès n’adopte une loi fédérale qui les préempte. À ce stade, les objectifs de l’ordonnance exécutive incluent :
- Diriger le département du Commerce pour identifier les lois étatiques sur l’IA jugées « lourdes » et référer certaines d’entre elles au ministère de la Justice pour éventuelle contestation,
- Créer un « Groupe de travail sur les litiges liés à l’IA » au sein du ministère de la Justice pour contester certaines lois étatiques sur l’IA jugées inconstitutionnelles ou illégales,
- Utiliser l’influence fédérale, notamment par le biais de financements pour l’accès à Internet, pour décourager les États d’adopter ou d’appliquer des lois sur l’IA non favorables,
- Préparer des actions de la Commission fédérale des communications et de la Commission fédérale du commerce qui pourraient préempter certaines exigences étatiques sur l’IA,
- Pousser le Congrès à adopter un cadre fédéral qui préempterait explicitement la réglementation étatique sur l’IA.
Actions à entreprendre par les employeurs
Comme pour toutes les questions de droit du travail, il est préférable d’être proactif plutôt que réactif. Voici quelques étapes que les employeurs peuvent suivre pour se positionner au mieux en cas d’action du Congrès :
- Continuer à respecter les lois étatiques. Il est crucial de se conformer à toutes les lois locales et étatiques sur l’IA.
- Établir (ou mettre à jour) un inventaire interne des outils d’IA, en prêtant une attention particulière à ceux utilisés pour les décisions critiques en matière d’embauche, de promotion, de suivi, de planification, d’évaluation de la productivité, et d’analyse de sentiment ou de voix.
- Renforcer la gouvernance et la documentation de l’IA. Même si une norme fédérale émerge, les employeurs bénéficieront de plans de conservation des données, de protocoles de test de biais, de contrôles humains, de documentation claire des fournisseurs et d’évaluations des risques pour les cas d’utilisation sensibles.
- Réviser et mettre à jour les contrats avec les fournisseurs pour garantir une flexibilité si les lois étatiques demeurent en vigueur ou si un nouveau cadre fédéral se met en place.
- Surveiller le calendrier fédéral et le Congrès. Les étapes clés à court terme incluent le groupe de travail sur l’IA du ministère de la Justice, la liste des « lois lourdes » du département du Commerce, et la politique d’équité d’accès au haut débit, toutes attendues au début de 2026.
Pour l’instant, il n’est pas temps de relâcher la vigilance. Bien que le gouvernement fédéral tente de prendre le contrôle de la situation, les États continuent d’agir et de définir les règles que les employeurs doivent suivre. Jusqu’à ce qu’un tribunal intervienne ou que le Congrès prenne une décision finale, la meilleure stratégie est de rester informé et de respecter toutes les lois en vigueur.