Les gouvernements déploient des agents IA, renforcent la surveillance d’ici 2029
La plupart des gouvernements utiliseront des agents IA pour la prise de décision routinière dans les prochaines années, alors que les dirigeants du secteur public recherchent un traitement plus rapide des transactions et des résultats plus cohérents. Les prévisions indiquent qu’au moins 80 % des gouvernements déploieront des agents IA pour des décisions routinières d’ici 2028, ce qui reflète un passage plus large des projets pilotes à une utilisation opérationnelle dans les services publics.
Des exigences de surveillance plus strictes sont également attendues. D’ici 2029, il est prévu que 70 % des agences gouvernementales nécessiteront une IA explicable et des mécanismes d’intervention humaine pour les décisions automatisées qui affectent la prestation de services aux citoyens. L’objectif est d’accroître la transparence, l’auditabilité et de fournir des voies claires pour contester les décisions ayant des conséquences dans le monde réel.
Les agents IA dans le secteur public
Les agents IA sont des systèmes logiciels qui prennent des actions basées sur des objectifs et des règles, souvent via des interfaces conversationnelles. Dans le gouvernement, ils peuvent gérer des tâches avec une logique décisionnelle cohérente, telles que les vérifications d’éligibilité, le tri, le routage des cas et la planification des rendez-vous. Ils peuvent également s’appuyer sur plusieurs sources de données, y compris des textes et des images, élargissant ainsi les domaines d’application de l’automatisation.
La croissance des agents IA est liée aux avancées en matière d’IA multimodale, qui traite différents types de données, et aux systèmes conversationnels. La pression augmente sur les dirigeants technologiques gouvernementaux pour déployer rapidement tout en respectant les normes de responsabilité publique.
Les défis de fragmentation
Les barrières structurelles au sein des gouvernements restent un obstacle clé à la rapidité avec laquelle l’IA peut passer de projets individuels à des services partagés. Une enquête a révélé que 41 % des répondants citent des stratégies cloisonnées comme un défi majeur dans l’adoption et la mise en œuvre de solutions numériques. De plus, 31 % soulignent que les systèmes hérités constituent un problème majeur. Les résultats suggèrent que de nombreuses agences ont encore du mal à standardiser les processus décisionnels et les flux de données entre les départements.
La seule modernisation technologique n’a pas résolu ces contraintes. Les priorités d’investissement se concentrent souvent sur le remplacement des systèmes vieillissants, l’amélioration de l’intégration des données et la migration des services vers des plateformes cloud.
Gouvernance des décisions
La gouvernance de l’IA dans le secteur public évolue d’un accent sur les modèles et les algorithmes à une focalisation sur les décisions. Dans cette perspective, ce qui importe, ce n’est pas seulement comment un système d’IA est construit, mais comment une décision est définie, quand elle est exécutée, comment elle est surveillée et comment elle est auditée. Cette approche est appelée intelligence décisionnelle.
Dans le gouvernement, cela peut être crucial pour la légitimité, en particulier lorsque les décisions automatisées affectent l’accès aux services ou le traitement de cas sensibles. Une part significative des répondants cite l’amélioration des services et de la satisfaction des citoyens comme raisons principales d’investir pour renforcer la confiance des citoyens.
Expérience des citoyens
L’efficacité reste un moteur derrière de nombreux cas d’utilisation de l’automatisation, mais l’expérience citoyenne devient une mesure de valeur de plus en plus forte. La moitié des répondants classent l’amélioration de l’expérience citoyenne parmi leurs trois principales priorités. À mesure que plus de services sont fournis automatiquement, avec moins d’interactions directes, l’expérience citoyenne dépend de la perception d’équité, de fiabilité et de transparence.
Alors que l’IA et l’intelligence décisionnelle automatisent et rationalisent la prestation de services, la notion traditionnelle d’« expérience citoyenne » évolue. Lorsque les citoyens reçoivent ce dont ils ont besoin du gouvernement de manière automatique, cela soulève la nécessité d’explications claires lorsque les résultats affectent des droits ou des services.
Les prévisions suggèrent que la prochaine phase de déploiement de l’IA dans le secteur public sera définie moins par l’expérimentation et plus par une gouvernance qui peut résister à l’examen, avec l’exigence d’explicabilité et de révision humaine devenant des normes communes à mesure que les agents IA prennent en charge un plus grand nombre de décisions routinières.