L’adoption de l’IA militaire dépasse la coopération mondiale
Les armées du monde entier adoptent rapidement l’intelligence artificielle (IA) alors que la coopération internationale stagne. Avec un moindre engagement de la part des États-Unis et de la Chine lors d’un récent sommet militaire sur l’IA, les puissances intermédiaires semblent face à un choix crucial : diriger la conversation ou avancer vers un avenir sans garde-fous.
Sommet multilatéral sur l’IA responsable
La semaine dernière, des délégations étatiques ainsi que des représentants de l’industrie de l’IA, du milieu académique et de la société civile se sont réunis pour le troisième sommet multilatéral sur l’IA responsable dans le domaine militaire (REAIM). Ce sommet vise à orienter l’avenir de la coopération internationale dans ce domaine. Les deux précédents sommets ont produit des documents de résultats largement soutenus par les délégations présentes. Cependant, cette année, seul un nombre réduit de pays a approuvé le document final.
Bien que non contraignants, ces documents soulignent les préoccupations essentielles des pays pour l’année à venir. Le recul du soutien à ce document illustre la fragmentation géopolitique actuelle, notamment entre les États-Unis et l’Europe. La question est de savoir si les puissances intermédiaires pourront établir des règles et des mesures de confiance en matière d’IA militaire si les grandes puissances s’éloignent davantage.
Les défis de la coopération internationale
Les relations des États-Unis avec ses partenaires de l’OTAN ont été perturbées, rendant incertain l’engagement des pays envers la coopération internationale. La réduction des délégations américaines et chinoises au sommet en Espagne révèle une tendance inquiétante dans le dialogue international sur l’IA militaire.
La divergence croissante entre le dialogue international, qui aborde les risques et contraintes potentiels, et l’intégration accrue de l’IA par les armées du monde entier devrait susciter des inquiétudes. Les conflits en cours, tels que ceux entre Israël et Gaza ou entre la Russie et l’Ukraine, utilisent déjà de nouveaux outils et systèmes d’IA sur le terrain.
Implications et risques
Les armées cherchent actuellement à utiliser l’IA de manière sécurisée et efficace. Si cette divergence se poursuit, les efforts politiques risquent de se détacher des réalités techniques des systèmes qu’ils cherchent à réguler. À court terme, les États déploient ces technologies avec des politiques hétérogènes, sans profiter des meilleures pratiques.
Les puissances intermédiaires doivent désormais réfléchir à la manière de diriger des mesures de confiance sur l’IA militaire et la coopération. Toutefois, cette situation peut aussi être vue comme une opportunité, car le processus REAIM est porté par ces puissances intermédiaires depuis le début.
Conclusion
Le processus REAIM constitue un pont crucial entre les efforts de régulation diplomatiques et les réalités des investissements militaires croissants dans l’IA. Les décisions actuelles pourraient avoir des répercussions importantes sur les mesures de confiance ainsi que sur d’autres opportunités visant à réduire les risques militaires liés à l’utilisation de l’IA, sans restreindre les États dans l’emploi de cette technologie essentielle.