Un avocat admet avoir utilisé de l’IA sans vérifier suffisamment les résultats lors d’une audience du tribunal
La division des audiences du tribunal de l’Ordre des avocats de l’Ontario n’a pas constaté de biais dans sa réponse aux problèmes soulevés par l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) générative par un avocat dans le cadre de procédures où il a cherché à modifier ou supprimer la suspension interlocutoire de sa licence.
Un post sur LinkedIn d’un professeur de droit a décrit ce cas comme « la première instance rapportée (du moins au Canada) d’un avocat soumettant des documents problématiques générés par l’IA dans le contexte d’une audience disciplinaire. »
Contexte de l’affaire
Dans l’affaire Mazaheri c. Ordre des avocats de l’Ontario, le requérant était un avocat dont la licence avait été suspendue de manière interlocutoire. Le 12 novembre 2024, il a demandé à modifier ou à supprimer cette suspension. Dans une motion d’admissibilité et de biais, il a cherché à :
- Exclure certaines preuves déposées par l’Ordre des avocats de l’Ontario en réponse à sa motion de levée de la suspension.
- Récuser les membres du tribunal en raison de leur incapacité à juger de manière impartiale, étant donné qu’ils avaient examiné des preuves auxquelles il s’opposait.
- Récuser les membres, car ils l’avaient critiqué lors d’une audience de gestion de cas, interrompu ses soumissions et soulevé des problèmes de conduite professionnelle sans autorité.
Utilisation de l’IA générative
Le tribunal a noté que le requérant avait déposé des documents produits avec l’assistance d’un outil d’IA générative qui « hallucinait ». Il a fourni un tableau d’exemples d’autorités non existantes et trompeuses dans les documents.
Le 30 novembre 2025, le requérant a admis au tribunal qu’il s’était appuyé sur l’IA générative, spécifiquement Grok, pour la recherche et la rédaction de documents, et qu’il n’avait pas vérifié suffisamment ses matériaux, qui contenaient de nombreuses inexactitudes dans les citations, les liens hypertextes et l’application des règles du tribunal.
Il a présenté des excuses, a pris ses responsabilités et s’est engagé à ne plus utiliser l’IA générative lors de la préparation de documents supplémentaires.
Décision du tribunal
La division des audiences de l’Ordre des avocats a rejeté la motion d’admissibilité et de biais du requérant pour manque de fondement. Le tribunal a jugé que les documents de l’Ordre des avocats étaient admissibles et pertinents, considérant que les règles de preuve pour les motions de suspensions interlocutoires et de variations de suspensions interlocutoires étaient moins strictes que les règles de preuve civiles.
Le tribunal n’a vu aucun biais dans l’examen des preuves contestées avant de déterminer leur admissibilité. Il a également noté que le requérant avait mal caractérisé la discussion lors de l’audience de gestion de cas.
Le tribunal a informé le requérant qu’il pourrait considérer les erreurs résultant de son utilisation de l’IA et lui a donné l’occasion de consulter un avocat en vue de la prochaine étape de la procédure.