Devriez-vous entrer des conseils privilégiés dans un outil d’IA public et pouvez-vous maintenir le privilège en le faisant ?
Il existe un risque que le tribunal considère que ces conseils ont été publiés au monde entier, ce qui pourrait constituer une violation des obligations réglementaires applicables. En pratique, cela pourrait ne représenter qu’une perte théorique plutôt qu’une perte réelle de confidentialité, mais il est conseillé d’exercer la prudence.
Quelle est la position légale ?
Pour qu’une communication soit protégée par le privilège, elle doit être (et rester) confidentielle. Il s’ensuit que les informations qui sont « des biens publics et des connaissances publiques » ne peuvent pas être considérées comme confidentielles. La confidentialité des communications repose sur l’interaction entre les personnes impliquées dans les communications et l’utilisation des informations partagées dans la communication elle-même.
Comment cela s’applique-t-il aux systèmes d’IA ?
La réponse dépend en partie du système d’IA utilisé, ainsi que des termes de l’accord entre l’utilisateur et le système d’IA :
- Systèmes d’IA publics : Versions gratuites de systèmes d’IA populaires où les données peuvent être utilisées pour former le modèle sous-jacent pour un usage plus large, et qui peuvent traiter et stocker des entrées selon leurs conditions de service standard.
- Systèmes d’IA sur mesure : Systèmes d’IA qui offrent une protection contractuelle sur la confidentialité des données, la confidentialité et la sécurité, qui peuvent être adaptées selon l’arrangement entre le fournisseur et l’utilisateur.
Les termes d’un système d’IA public peuvent promettre ou garantir la confidentialité de l’utilisateur, ce qui peut inciter à entrer des informations autrement confidentielles dans un système d’IA public. Cependant, bien que les tribunaux soient clairs que la confidentialité n’est pas un concept binaire, la confidentialité et la vie privée ne doivent pas être utilisées de manière interchangeable.
Quelles sont les implications des systèmes d’IA générative ?
La mesure dans laquelle les informations saisies dans un système d’IA générative perdent leur nature confidentielle est également une question de fait et de degré. Il s’ensuit qu’une divulgation complète d’une communication privilégiée à un système d’IA générative est plus susceptible de résulter en une perte ou une renonciation au privilège qu’une simple référence.
La directive d’octobre 2025 pour la magistrature anglaise précise que « toute information que vous saisissez dans un chatbot d’IA public devrait être considérée comme publiée au monde entier », ce qui constituerait une perte de confidentialité. Bien que cette directive ne soit pas une loi, il est probable qu’un juge dans cette juridiction considère que les entrées dans un système d’IA public ont été « publiées au monde entier » et sont peu susceptibles d’être confidentielles.
Y a-t-il des exceptions ?
La jurisprudence a précédemment statué que le fait qu’une information soit devenue publique ne signifie pas qu’elle a été réellement consultée par le grand public. Les informations confidentielles saisies dans un système d’IA public peuvent ne pas perdre leur caractère confidentiel, car les entrées peuvent ne pas être accessibles à d’autres utilisateurs du système.
Cependant, en l’absence d’une affaire-test sur ce sujet, il est possible qu’une « recherche intense » à l’aide de requêtes détaillées et précises puisse entraîner la divulgation de certaines informations autrement confidentielles. À mesure que les systèmes d’IA continuent d’évoluer, le risque de divulgation non intentionnelle d’informations confidentielles augmente également.
Meilleures pratiques
Les informations confidentielles et privilégiées ne doivent pas être saisies dans un système d’IA public. Si un avocat le fait sans le consentement explicite de son client, il peut être en violation de ses obligations.
Les avocats doivent rester au courant des développements réglementaires et juridiques dans ce domaine, notamment en ce qui concerne la jurisprudence et les réformes potentielles des règles de procédure civile dans le cadre de litiges.