Ce budget pourrait être l’étincelle derrière le changement de puissance de l’IA en Inde
Le budget de l’Union 2026 arrive à un moment où les ambitions de l’Inde en matière d’intelligence artificielle (IA) sont bien financées et clairement articulées, mais de plus en plus contraintes par l’exécution et la clarté des politiques.
Au cours des deux dernières années, le gouvernement a jeté des bases solides. L’approbation de la mission IndiaAI de 10 372 crore Rs en mars 2024 a marqué un tournant, positionnant l’IA comme une infrastructure nationale essentielle plutôt que comme une technologie de niche. Depuis lors, l’accès à des unités de calcul subventionnées s’est rapidement étendu, passant d’un objectif initial de 10 000 GPU à plus de 38 000 GPU aujourd’hui, tandis que des ensembles de données, des programmes de formation, des modèles fondamentaux et des cadres de sécurité ont commencé à prendre forme.
Le budget 2025 a renforcé cette direction. Les allocations pour les programmes liés à l’IA ont fortement augmenté, avec 2 000 crore Rs réservés à la mission IndiaAI pour l’exercice 2026, soit plus de dix fois l’estimation révisée de l’année précédente.
De l’ambition à l’exécution
Alors que l’IA passe des projets pilotes à la production, les leaders de l’industrie estiment que la prochaine phase nécessite moins de signalisation et beaucoup plus de réformes structurelles.
Les infrastructures et l’écosystème des centres de données et de l’IA en Inde sont désormais contraints moins par le capital que par l’exécution. Le budget de l’Union peut jouer un rôle catalyseur en renforçant les facilitateurs d’exécution, notamment la disponibilité d’énergie, les approbations et la certitude des politiques à long terme.
Les charges de travail en IA sont fondamentalement gourmandes en énergie. À mesure que le calcul basé sur les GPU s’étend, les centres de données deviennent plus denses, plus énergivores et plus difficiles à faire évoluer sans soutien réglementaire. Les estimations de l’industrie suggèrent que la capacité des centres de données en Inde pourrait passer d’environ 1 450 MW aujourd’hui à plus de 4 500 MW dans cinq ans, principalement en raison de la demande liée à l’IA.
Pour rendre cela possible, les opérateurs recherchent un accès garanti à une énergie verte à des prix compétitifs, des approbations plus rapides pour la capacité captive et liée aux énergies renouvelables, des corridors électriques dédiés et des charges de demande assouplies.
Le fossé de gouvernance
Si l’infrastructure est un pilier, la gouvernance en est un autre, et c’est là que l’industrie estime que l’Inde a encore du travail à faire.
Malgré l’adoption de la loi sur la protection des données personnelles numériques et plusieurs projets de conseils, l’Inde manque d’une architecture de gouvernance unifiée pour l’IA. L’absence de clarté autour de la responsabilité, en cas de préjudice causé par un système d’IA, est devenue un goulot d’étranglement majeur, en particulier dans des secteurs à haut risque tels que la santé, la finance et la mobilité.
Sans responsabilité définie, les entreprises hésitent à aller au-delà des projets pilotes. De plus, il n’existe pas de cadre de risque en IA calibré qui distingue entre les cas d’utilisation à faible risque et à fort impact.
Accès au calcul : l’échelle compte
Un thème qui traverse tous les acteurs est l’accès au calcul. L’Inde est aujourd’hui le troisième plus grand pôle de talents en IA au monde, mais la capacité nationale de GPU ne couvre qu’une fraction de la demande. Les leaders de l’industrie mettent en garde : sans un accès à grande échelle et abordable au calcul, l’Inde risque d’exporter ses charges de travail en IA les plus avancées.
Le pas le plus impactant pour faire de l’Inde un leader en IA est d’élargir l’accès au calcul à l’échelle nationale. Les subventions devraient se concentrer sur l’accès, et non sur la propriété.
Données, langues et inclusion
Les opportunités de l’IA en Inde ne concernent pas seulement l’échelle, mais aussi la spécificité. Une grande partie de l’IA mondiale est en anglais, laissant de larges sections de l’Inde sous-desservies.
Les initiatives visant à combler cette lacune commencent à émerger, mais l’industrie souhaite un soutien budgétaire ciblé pour les ensembles de données en langues indiennes et des interfaces orientées vers la voix.
Le gouvernement comme client principal
Une demande récurrente avant le budget 2026 est que le gouvernement agisse non seulement en tant que régulateur ou bailleur de fonds, mais aussi en tant que client principal. Les achats du secteur public ont traditionnellement du mal à suivre le rythme des technologies émergentes.
Capitaux et patience
Enfin, les fondateurs et les investisseurs estiment que le pipeline de l’IA en Inde manque encore de capitaux adaptés aux technologies de rupture. Bien que l’activité en phase de démarrage soit forte, le fossé entre le prototype et l’échelle reste large.
Conclusion
L’Inde aborde le budget de l’Union 2026 dans une position de force avec une grande base de talents, une adoption croissante par les entreprises et une crédibilité mondiale en hausse. Ce que l’industrie demande maintenant, c’est un saut décisif — une exécution plus rapide, des règles plus claires, une énergie moins chère et plus propre, et un gouvernement prêt à réguler et à consommer l’IA de manière responsable.