Ce qui se cache derrière les attaques américaines contre les règles technologiques de l’UE : sécurité nationale et armes d’IA
Les États-Unis, sous l’administration précédente, sont devenus de plus en plus hostiles envers le cadre numérique de l’UE, attaquant des réglementations qu’ils considèrent comme nuisibles pour leurs entreprises.
Ce conflit réglementaire ne se limite pas à un simple désaccord commercial, mais s’inscrit dans le cadre des plans de sécurité nationale des États-Unis.
Depuis son entrée en fonction, l’administration a critiqué les tentatives de l’UE de réglementer les plateformes technologiques américaines, qualifiant ces efforts de censure et d’attaques contre la liberté d’expression.
Avant Noël, Washington a annoncé des interdictions de visa contre un ancien commissaire européen, considéré comme l’architecte de la loi sur les services numériques, ainsi que contre quatre autres activistes numériques européens.
Dans une annonce sur les interdictions de voyage, le secrétaire d’État a déclaré : « Pendant trop longtemps, des idéologues en Europe ont mené des efforts organisés pour contraindre les plateformes américaines à punir les points de vue américains qu’ils s’opposent. »
Stratégie de sécurité nationale et technologie
Une partie de la rhétorique anti-réglementation est également visible dans la nouvelle stratégie de sécurité nationale de l’administration. Dans son dernier document publié, les États-Unis affirment vouloir s’assurer que la technologie et les normes américaines, en particulier dans les domaines de l’IA, de la biotechnologie et de l’informatique quantique, conduisent le monde en avant.
Un expert en relations internationales a analysé comment le changement technologique affecte les décisions politiques des pays. Il a noté que la réglementation de la technologie est désormais perçue comme une question de sécurité nationale, plutôt que comme un simple problème commercial.
La question de la censure et de la sécurité nationale
Les États-Unis soutiennent que les réglementations de l’UE, notamment la loi sur les services numériques, censurent la liberté d’expression. Cependant, certains experts doutent que la censure soit réellement le problème principal. Il semble que la logique commerciale, qui permet aux entreprises technologiques de réaliser plus de profits en ayant moins de contraintes, soit la motivation principale.
En effet, ce qui est bon pour les entreprises américaines, notamment dans le domaine technologique, est également perçu comme bénéfique pour la sécurité militaire des États-Unis, car ces entreprises sont à l’origine des avancées en matière d’IA et de numérisation.
Effet Bruxelles et sanctions
Ce phénomène est connu sous le nom d’« Effet Bruxelles », qui signifie que les grandes entreprises américaines adaptent leurs systèmes aux réglementations plus strictes de l’UE, car il est trop coûteux de maintenir des systèmes différents.
Récemment, les États-Unis ont sanctionné des figures clés impliquées dans la réglementation de la sécurité en ligne, ce qui semble parfaitement aligné avec leur politique de sécurité nationale. Ces mesures de pression visent à influencer les États considérés comme des acteurs hors normes.
Implications pour l’avenir des réglementations sur l’IA
Les États-Unis pourraient intensifier leurs attaques contre les réglementations de l’UE sur l’IA, notamment en ce qui concerne les systèmes d’armes autonomes. Il est craint que les réglementations limitant la capacité des entreprises américaines à innover augmentent le risque que d’autres pays, notamment la Chine, prennent de l’avance dans la course à l’IA.
Les réglementations de l’UE sur l’IA sont raisonnables et visent à protéger les citoyens européens. L’espoir est que l’UE puisse maintenir ces mesures pour assurer le bien-être de ses citoyens.